Analyse annuelle 2018

Synthèse

Chiffres clés

Un échantillon de 46 000 entreprises bretonnes.

Le lecteur attentif remarquera que les évolutions de l’année 2017 ne sont pas exactement les mêmes dans cette étude que dans l’étude de l’année passée. Ce phénomène a deux explications :

  • L’analyse est menée à périmètre constant glissant. Autrement dit, les échantillons des deux études ne sont pas les mêmes. Celui de l’étude précédente était d’entreprises, qui avaient déposé des comptes exploitables pour les trois années 2014, 2015 et 2016. Celui de la présente étude est quant à lui composé d’entreprises disposant de comptes pour les années 2015, 2016 et 2017. La taille de l’échantillon peut naturellement influer sur les variations de certains postes du compte de résultat. Il convient également de garder en mémoire que toutes les entreprises analysées dans le cadre de la précédente étude ne sont pas forcément analysées dans le cadre de celle-ci.
  • La composition de l’échantillon diffère également entre les deux études. Les entreprises à l’IS, qui représentaient plus de 54% de l’échantillon dans notre précédente étude (pour 81% du chiffre d’affaires), représentent par exemple 53% des entreprises de la présente étude (mais près de 87% du chiffre d’affaires total). Un phénomène qui peut également influer sur les variations de certains postes analysés.

Le chiffre d’affaires et l’investissement

2018 a clairement été une bonne année pour les entreprises bretonnes. La croissance de leur activité a en effet été supérieure à celle de 2017 et (légèrement) supérieure à celle de l’ensemble des entreprises françaises.

  • Et, signe que la croissance des entreprises de la région est solide, toutes les tailles d’entreprises, tous les départements de la région et l’ensemble des cinq grands secteurs suivis par l’Ordre des experts-comptables ont connu la croissance en 2018 (comme cela avait d’ailleurs déjà été le cas en 2017)
  • La prime à la taille ne s’est pas démentie en 2018. Plus les entreprises analysées sont grandes, plus leur chiffre d’affaires progresse rapidement, en moyenne. Un constat qui n’est guère surprenant dans la mesure où les plus petites entreprises sont plus souvent face à des carences de ressources et/ou à des effets de seuil.

 

Si les cinq grands secteurs d’activité suivis par l’Ordre des experts-comptables ont affiché une activité en progression en 2018, ils ont néanmoins connu des fortunes diverses.

  • Les entreprises bretonnes du secteur du commerce ont connu une bonne année 2018, en dépit des mouvements sociaux qui ont perturbé certains commerces en fin d’année. La croissance de leur chiffre d’affaires s’est en effet intensifiée en 2018.
  • Sur les deux dernières années, le secteur de la construction est clairement un des moteurs de l’économie bretonne. Dans cet environnement porteur, les entreprises de la construction ont persisté dans leur politique d’investissement volontaire, avec des dépenses en forte hausse.
  • Le chiffre d’affaires des entreprises bretonnes du secteur de l’hébergement-restauration a évolué de façon légèrement moins prononcée que celui de l’ensemble des entreprises françaises du secteur en 2018. Les TPE/PME de la région ont, en revanche, été nettement plus dynamiques en matière d’investissement.
  • 2017 avait été une bonne année pour l’industrie bretonne. 2018 a été encore meilleure ! En dépit d’une progression soutenue de leur chiffre d’affaires, les chefs d’entreprises du secteur ont sensiblement réduit leurs dépenses d’investissement en 2018.

Les entreprises agricoles bretonnes de la base Statexpert ont moins profité du rebond de l’activité dans le secteur que la moyenne des entreprises françaises

L’excédent brut d’exploitation et le taux d’EBE

Le dynamisme des TPE/PME bretonnes de la base Statexpert en termes d’activité ne s’est pas souvent traduit par une amélioration de leurs performances d’exploitation. En fait, seules les entreprises de la région relevant du régime des BNC sont parvenues à afficher un excédent brut d’exploitation en hausse en 2018.

  • Dans un contexte de progression mesurée du pouvoir d’achat des ménages, les tensions sur les prix sont demeurées vives dans le secteur du commerce. Les entreprises bretonnes du secteur du commerce n’ont pas échappé à ce phénomène, ce qui s’est ressenti au niveau des performances d’exploitation.
  • En dépit d’une activité très bien orientée pour les TPE/PME bretonne du secteur de la construction, l’année 2018 a été relativement décevante en matière de performances d’exploitation. In fine, le taux d’excédent brut d’exploitation des entreprises du secteur s’est contracté sur la période 2016-2018.
  • Toutes les TPE/PME de l’hébergement-restauration, quel que soit leur régime fiscal, ont dû composer avec une contraction de leur taux d’excédent brut d’exploitation sur la période 2016-2018. Un taux d’EBE qui demeure toutefois supérieur à ce que l’on observe à l’échelle nationale pour les entreprises de ce secteur.
  • En ce qui concernent leurs performances d’exploitation, les résultats des entreprises bretonnes pour 2018 sont contrastés selon leur régime fiscal. Sur la période le taux d’excédent brut d’exploitation s’est toutefois contracté pour les entreprises soumises à l’IS comme pour celles relevant des BIC.
  • Toutes les entreprises agricoles, quel que soit leur régime fiscal, ont vu leurs performances d’exploitation se dégrader (souvent de manière prononcée) en 2018. Notons par ailleurs que les TPE/PME agricoles bretonnes affichent toutes des taux d’EBE inférieurs à ce que l’on observe, en moyenne, sur l’ensemble du territoire.