Analyse annuelle 2018

Analyse par régime fiscal > Chiffre d’affaires et investissement

Point méthodologique

L’interprétation des données concernant l’investissement doit être faite en gardant à l’esprit la méthodologie retenue dans le cadre de cette étude :

  • Les données présentées sont issues d’un périmètre constant d’entreprises ; le critère de sélection étant le chiffre d’affaires. Autrement dit, seules les entreprises ayant déclaré un chiffre d’affaires en 2015, 2016 et 2017 ont été retenues pour l’analyse.
  • Toutes ces entreprises n’ont toutefois pas investi au cours de ces trois années. Certaines ont pu le faire, mais d’autres ont très bien pu n’investir que sur deux années, sur une seule, voire ne pas investir du tout sur la période. Le nombre d’entreprises ayant effectivement engagé des dépenses d’investissement n’est donc pas le même chaque année.
  • La méthodologie retenue explique également pourquoi des différences (pouvant parfois se révéler significatives) peuvent se manifester entre cette édition de l’étude et la précédente. Les données de l’année 2016, par exemple, n’ont pas été établies avec le même échantillon d’entreprises dans les deux versions de cette étude.

Vue d’ensemble

2018 a clairement été une bonne année pour les entreprises bretonnes de la base Statexpert[1].

  • La croissance de leur activité a en effet été supérieure à celle de 2017 et (légèrement) supérieure à celle de l’ensemble des entreprises françaises de la base Statexpert.
  • A l’inverse, la progression des investissements des entreprises de la région été plus mesurée que celle de l’ensemble des TPE/PME françaises.
  • Notons toutefois que les entreprises de la région Bretagne avaient fait preuve d’un grand dynamisme en 2017 en matière de dépenses d’investissement.

[1] Plus de 45 000 entreprises de la région ont été analysées dans le cadre de cette étude annuelle sur la santé des entreprises bretonnes.

Le chiffre d’affaires

Alors que la croissance du PIB français ralentissait, l’activité des TPE/PME bretonnes de la base Statexpert est restée très bien orientée en 2018. Le chiffre d’affaires des 46 000 entreprises analysées a en effet progressé de façon légèrement plus marquée qu’en 2017.

Avec une croissance de +4,0% de leur chiffre d’affaires en 2018, les TPE/PME bretonnes ont en effet fait mieux qu’en 2017 (+3,7%) et légèrement mieux que la moyenne des entreprises françaises (+3,9%). Et, signe que la croissance des entreprises de la région est solide, toutes les tailles d’entreprises, tous les départements de la région et l’ensemble des cinq grands secteurs suivis par l’Ordre des experts-comptables ont connu la croissance en 2018 (comme cela avait d’ailleurs déjà été le cas en 2017).

Une analyse plus fine de l’évolution du chiffre d’affaires des entreprises bretonnes de la base Statexpert nous livre les enseignements suivants :

  • Selon la taille des entreprises. La croissance du chiffre d’affaires des TPE/PME bretonnes est restée une fonction croissance de leur taille en 2018, avec une progression du chiffre d’affaires de +1,0% pour les plus petites entreprises de la base[1] et de +5,5% pour les plus grandes[2]. Ce phénomène, qui s’observe également dans les autres régions françaises, n’est guère surprenant dans la mesure où les plus petites entreprises sont plus souvent face à des carences de ressources et/ou à des effets de seuil.
  • Selon les secteurs d’activité. Si les cinq grands secteurs d’activité suivis par l’Ordre des experts-comptables ont tous affiché un chiffre d’affaires en hausse en 2018, les situations sont, là-aussi, contrastées. Alors que les TPE/PME bretonnes du secteur agricole ont enregistré une croissance de « seulement » +0,1%, celles des secteurs de la construction et de l’industrie ont vu leur chiffre d’affaires progresser de plus de +4%. Notons que ces deux secteurs étaient déjà les plus dynamiques en 2017.
  • Selon les départements. La croissance de l’activité a en revanche été beaucoup plus homogène lorsque l’on mène l’analyse au niveau des départements bretons. Dans les quatre départements de la région, les TPE/PME ont en effet enregistré des croissances de leur activité comprises entre +3,6% (pour le Morbihan) et +4,7% (pour l’Ille-et-Vilaine). Notons par ailleurs que la croissance de 2018 a été plus soutenue que celle de 2017 dans les départements de l’Ille-et-Vilaine et des Côtes d’Armor, équivalente dans le Finistère et (très) légèrement inférieure dans le Morbihan.

 

[1] Celles qui affichent un chiffre d’affaires annuel moyen sur les trois dernières années inférieur à 150 k€.

[2] Celles dont le chiffre d’affaires annuel moyen sur les trois dernières années est supérieur à 7,5 M€.

L’investissement

En matière d’investissements, les entreprises bretonnes se distinguent par rapport à la moyenne des TPE/PME françaises.

  • Les dépenses d’investissement des TPE/PME de la région analysées dans le cadre de cette étude ont en effet progressé de façon moins prononcée en 2018 qu’en 2017, alors qu’on observe le phénomène inverse lorsque l’on considère l’ensemble des entreprises françaises. In fine, leurs dépenses d’investissement ont progressé de +1,1% en 2018 (contre +3,7% pour l’ensemble des entreprises hexagonales).
  • Ce ralentissement de la croissance des investissements, dans un contexte d’activité toujours bien orientée, mérite toutefois d’être relativisé. En 2017, les entreprises de la région avaient en effet fait preuve d’un très grand dynamisme en la matière, avec des dépenses en hausse de +5,4% (soit 3 points de plus que pour la moyenne des entreprises françaises). Dit autrement, sur la période 2016-2018, les TPE/PME bretonnes figurent parmi les régions les plus dynamiques en matière d’investissement, signe que les dirigeants d’entreprises locaux font preuve d’une certaine confiance en l’avenir.
  • L’analyse des dépenses d’investissement des entreprises de la région en fonction de leur taille, de leur secteur d’activité et de leur département d’implantation fait toutefois apparaitre de réelles disparités.
  • Selon la taille des entreprises. Les TPE/PME bretonnes des tranches 1 ([1]) et 3 ([2]) ont accru leurs dépenses d’investissement de respectivement +3,1% et +2,6% en 2018, alors que ces deux catégories d’entreprises les avaient réduites en 2017. Les entreprises de la tranche 2 ([3]) ont en revanche lourdement taillé dans leurs dépenses en 2018 (-10,7%), mais ces dernières avaient très fortement progressé en 2017. Quant aux plus grandes entreprises de la base, elles ont continué de faire feu de tout bois en 2018, avec une nouvelle progression de plus de +10% de leurs dépenses d’investissement.
  • Selon les secteurs d’activité. A l’exception des TPE/PME industrielles, les entreprises bretonnes des cinq grands secteurs d’activité suivis par l’Ordre des experts-comptables ont toutes affichées des dépenses d’investissement en hausse significative en 2018 ; la palme de la croissance revenant aux entreprises de l’hébergement-restauration, avec des dépenses en hausse de plus de +12%. Notons toutefois que si les entreprises industrielles de la région ont réduit leurs dépenses en 2018, celles-ci avaient bondi de plus de +16% en 2017.
  • Selon les départements. Deux départements (les Côtes d’Armor et le Finistère) ont affiché des dépenses d’investissement en hausse en 2018, après une année 2017 orientée à la baisse. A l’inverse, les entreprises installées en Ille-et-Vilaine et dans le Morbihan ont réduit leurs investissements en 2018 (alors qu’elles les avaient accrus en 2017). In fine, sur la période 2016-2018, ce sont les chefs d’entreprise installés dans les Côtes d’Armor qui se sont montrés les plus offensifs en matière d’investissement.

 

[1] Moins de 150 k€ de chiffre d’affaires, en moyenne, sur les trois dernières années.

[2] Entre 750 k€ et 7,5 M€.

[3] Entre 150 et 750 k€.