Analyse annuelle 2016

Analyse par secteur > Hébergement / restauration

2015 avait été une année exceptionnelle pour les professionnels bretons de l’hébergement-restauration. 2016 a été nettement moins bien orientée.

Après une excellente année 2015, le chiffre d’affaires des entreprises bretonnes du secteur de l’hébergement-restauration a progressé de « seulement » 0,8% en 2016. Cette croissance relativement modeste mérite toutefois d’être relativisée :

  • D’une part elle représente une bonne performance par rapport à la moyenne des entreprises françaises du secteur. Ces dernières ont en effet dû composer avec une baisse de leur chiffre d’affaires en 2016 :
    -0,8%.
  • D’autre part, elle intervient dans un contexte peu favorable. Les professionnels du tourisme ont en souffert des répercussions des attentats de fin 2015 à Paris, des grèves à répétition (dans les raffineries, dans les transports, contre la Loi travail…), qui ont limité les déplacements, et d’une météo peu favorable au printemps. En outre, l’année 2016 était relativement pauvre en ponts durant le mois de mai (1)

La prime à la taille est également une réalité dans le secteur de l’hébergement-restauration. Alors que les plus grandes entreprises du secteur affichent une croissance soutenue en 2016, les plis petites ont vu leur activité se contracter, parfois de façon prononcée pour les plus petites d’entre elles.

En dépit d’une croissance plus modeste de leur activité, les entreprises bretonnes du secteur soumises à l’IS sont parvenues à redresser leur taux d’excédent brut d’exploitation en 2016 (à près de 12% de leur chiffre d’affaires). Celui des entreprises relevant des BIC s’est en revanche (légèrement) contracté, pour s’établir à 17,3% de leur chiffre d’affaires. La lecture de ces chiffres appelle toutefois une remarque :

  • Notre analyse est menée sur un échantillon constant de TPE/PME du secteur sur la période 2014-2016. Or, cette méthodologie tend à « gonfler » les performances des entreprises dans les phases de retournement conjoncturel (comme cela a été le cas en 2016, même si le phénomène a certainement été moins marqué en Bretagne que dans d’autres régions comme l’Ile-de-France ou PACA).
  • Les entreprises qui disparaissent (généralement celles qui affichent les moins bonnes performances) sont exclues de l’analyse puisqu’elles n’apparaissent plus dans l’échantillon constant. Or, la violence du choc a provoqué de nombreuses défaillances d’entreprises en 2016 dans la filière touristique, ce qui ne se voit pas dans nos analyses.

Ces éléments n’ont pourtant pas entamé le moral des dirigeants d’entreprises du secteur.

  • Ces derniers ont en effet continué de se montrer très dynamiques en matière d’investissement, avec une croissance de plus de 10% de leurs dépenses en 2016 (après une année 2015 déjà très bien orientée).
  • Ce dynamisme doit toutefois être mis en relation avec les spécificités du secteur. Les investissements dans le secteur de l’hébergement-restauration sont en effet souvent conséquents. Autrement dit, l’investissement de quelques entreprises peut avoir une influence significative sur les évolutions de l’ensemble du secteur.

(1) Le tourisme breton a toutefois retrouvé des couleurs en 2017, ce qui jette les bases d’une année 2017 nettement mieux orientée.

 

Source : Données issues de la base Statexpert – Evolutions annuelles sur la base d’un périmètre constant (2 830 entreprises)