Analyse annuelle 2016

Analyse par régime fiscal > Chiffre d’affaires et investissements

A l’image de ce que l’on observe à l’échelle de l’ensemble de la France, la progression du chiffre d’affaires des TPE/PME bretonnes a ralenti en 2016. Cela dit, la croissance est demeurée plus soutenue en Bretagne que ce que l’on observe à l’échelle nationale.

2015 avait été une excellente année pour les entreprises de la région, avec une progression du chiffre d’affaires de plus de 3% (avec une inflation nulle). 2016 a été moins dynamique, avec une croissance du chiffre d’affaires des TPE/PME de « seulement » 1,6% (avec une inflation très limitée).

Malgré cela, ce ralentissement de la croissance du chiffre d’affaires des TPE/PME bretonnes ne doit toutefois pas être surinterprété. Les entreprises de la région font en effet mieux que la moyenne des entreprises françaises (+1,2% en 2016) et elles figurent même dans le top 3 des entreprises les plus dynamiques de l’Hexagone.

Comme c’est le cas au niveau national, cette croissance d’ensemble du chiffre d’affaires des TPE/PME bretonnes masque des évolutions contrastées :

  • Selon la taille des entreprises. Ce sont sans conteste les plus grandes TPE/PME qui ont tiré la croissance du chiffre d’affaires de la région en 2016. L’activité des entreprises réalisant plus de 7,5 M€ de chiffre d’affaires annuel a en effet bondi de près de 5% en 2016 et celles des entités réalisant entre 750 k€ et 7,5 M€ a progressé de 2,6%. A l’inverse, le chiffre d’affaires des TPE de 150 à 750 k€ a affiché une croissance limitée à 0,4% et celui des TPE de moins de 150 k€ de volume d’activité s’est une nouvelle fois (lourdement) contracté, avec une chute de plus de 6%. Autrement dit, même si la méthodologie n’est pas totalement neutre dans cette baisse(1), ce sont clairement les plus petites entreprises qui souffrent le plus.
  • Selon les secteurs d’activité. Alors que le secteur de l’industrie manufacturière a confirmé son rôle de principal moteur de l’économie régionale, les TPE/PME des secteurs du commerce, de la construction et de l’hébergement-restauration ont sensiblement marqué le pas en 2016, avec une croissance nettement moins dynamique qu’en 2015. Quant aux entreprises du secteur de l’agriculture-sylviculture-pêche, elles ont vu leur chiffre d’affaires se contracter en 2016, après le rebond de 2015.
  • Selon les départements. Comme en 2015, les entreprises d’Ille-et-Vilaine et du Morbihan se sont montrées les plus dynamiques en 2016, avec des croissances respectives du chiffre d’affaires de leurs entreprises de 1,7% et 2,1%. Celles des Côtes d’Armor et du Finistère ont en revanche affiché des croissances moins marquées.
  • Selon le régime fiscal des entreprises. Ce sont clairement les entreprises soumises à l’IS(2) qui ont tiré la croissance de la région en 2016. Le chiffre d’affaires de ces entreprises(3) a progressé de 2% en 2016. Dans le même temps, celui des entreprises relevant des BNC(4) a progressé de « seulement » 0,5% (alors que sa croissance avait été très dynamique en 2015), celui des TPE relevant du régime des BIC(5) s’est contracté de 0,3% et celui des entités relevant des bénéfices agricoles(6) a une nouvelle fois fortement baissé : -4,1%, après les -3,5% de 2015.

 

Le dynamisme de l’activité de 2015 s’est traduit par un rebond de l’investissement des entreprises bretonnes de notre échantillon(7) en 2016.

  • Le rebond du chiffre d’affaires observé en 2015 a manifestement redonné une certaine confiance en l’avenir aux chefs d’entreprise de la région qui ont accru leurs dépenses d’investissement de plus de 5% en 2016. C’est légèrement moins que ce que l’on observe à l’échelle nationale, mais cela montre que les patrons de TPE/PME retrouvent le moral et c’est une bonne chose.
  • Cette hausse globale de l’investissement masque toutefois, elle aussi, des évolutions (très) contrastées selon la taille des entreprises analysées. A ce propos, la Bretagne présente d’ailleurs un profil atypique par rapport à la plupart des autres régions françaises, avec :
  • Un violent rebond des dépenses d’investissement des entreprises de petite et moyenne taille. Notons que pour les plus petites entreprises de notre échantillon (moins de 150 k€ de chiffre d’affaires annuel), ce rebond intervient après une année 2015 marquée par une forte baisse. En ce qui concerne les entreprises réalisant entre 750 k€ et 7,5 M€ de chiffre d’affaires, 2016 marque une deuxième année de croissance soutenue de leurs investissements.
  • Une forte contraction des dépenses d’investissement des plus grandes entreprises (celles réalisant plus de 7,5 M€ de chiffre d’affaires annuel). Cette évolution atypique par rapport à ce que l’on observe dans le reste de l’Hexagone mérite toutefois d’être relativisée dans la mesure où :
  • D’une part cette catégorie d’entreprises compte un nombre restreint de représentants. Autrement dit, l’investissement (ou le non-investissement) de quelques entreprises peut avoir une influence significative sur les évolutions de l’ensemble du secteur.
  • D’autre part, les investissements de cette catégorie d’entreprises avaient très fortement progressé durant l’année 2015. Autrement dit, la baisse de 2016 doit plus être interprétée comme une pause après une année 2015 très dynamique que comme un véritable retournement de tendance.
  • On note également une certaine disparité en matière d’investissement selon les secteurs analysés.
  • En dépit de certaines difficultés conjoncturelles, les TPE/PME du secteur de l’hébergement-restauration sont restées (de loin) les plus dynamiques en matière d’investissement en 2016.
  • Les entreprises des secteurs du commerce, de la construction et de l’industrie manufacturière sont demeurées plus prudentes, avec une progression de leurs dépenses comprises entre 0,9% et 1,6%.
  • Dans un environnement complexe, les entreprises agricoles ont, quant à elles, mis leurs dépenses sous haute surveillance, avec des investissements en baisse de 0,3%.

Notons enfin que les perspectives pour 2017 sont plutôt encourageantes pour l’économie bretonne. Les premières données relatives au chiffre d’affaires issues des déclarations de TVA pour les six premiers mois de l’année sont en effet très bien orientées.

  • Le deuxième trimestre a notamment été très dynamique pour les TPE/PME de la région, avec un chiffre d’affaires en forte hausse par rapport au deuxième trimestre 2016.
  • Autre motif de satisfaction, cette croissance soutenue du deuxième trimestre 2017 a concerné toutes les tailles d’entreprises et les cinq grands secteurs suivis par l’Ordre des experts-comptables.

[1] Pour plus de précisions sur cet aspect méthodologique, se reporter au chapitre traitant de l’analyse des performances selon la taille des entreprises.

[2] Plus de 54% des entreprises de notre échantillon et près de 81% du chiffre d’affaires cumulé.

[3] Les plus grandes, avec un chiffre d’affaires moyen de 648 k€ en 2016.

[4] 142 k€ de chiffre d’affaires moyen en 2016.

[5] 197 k€ de chiffre d’affaires moyen en 2016.

[6] 265 k€ de chiffre d’affaires moyen en 2016.

[7] Plus de 29 000 TPE/PME installées dans la région ont été intégrées à l’analyse.

 

Source : Données issues de la base Statexpert – Evolutions annuelles sur la base d’un périmètre constant (29 265 entreprises)